Détroit, Zénith de Paris, 3/12/14

Détroit avec Bertrand Cantat et Pascal Humbert

« Parisiens têtes de chiens, parigos têtes de veaux. », une vraie entrée comme on pouvait l’imaginer venant de Bertrand Cantat. Le public est surexcité à l’idée de voir son idole fouler la scène du Zénith. Mais l’excitation va vite retomber avec le doux morceau « Ma Muse » qui entame ses premières notes. Une ambiance qui calme le public et le laisse écouter la voix toujours aussi rocailleuse et fragile de l’ex Noir Désir.

Ex noir désir certes, mais le répertoire de Détroit est l’antithèse du premier groupe de Cantat. A pied d’égalité avec l’album « Horizons » les cinq membres du groupe nous délivrent des chansons mélancoliques devant un public du Zénith très silencieux et à l’écoute. On ne peut pas dire que l’ambiance soit celle d’un concert de rock. Au contraire. Mais c’est un public conquis, des fans des Noirs Des’ de la première heure. Heureusement, ces fans se retrouveront dans des morceaux qui donneront plus de punch au concert, comme Lazy ou sa reprise du morceau d’Iggy Pop, Gimme danger. Mais, malgré ces quelques sauts de tensions, le concert restera calme. Une confidence d’un artiste à son public.

Les deux côtés du Détroit

Il faudra réellement attendre le rappel pour voir le concert prendre une autre forme. Bertrand Cantat se présente avec son Violoncelliste pour nous interpréter Droit au soleil en acoustique. Sa voix est fragile, mais c’est ce qui nous fait apprécier cette interprétation. Une performance qui sera salué d’une standing ovation et qui marquera le concert. Mais que serait un concert de Cantat sans un discours politique ? Rien. Pour ça, le morceau Sa majesté, parsemé de discours politiques durera près de dix minutes. C’est tout logiquement qu’ils enchaineront avec Un jour en France, suivi de la très optimiste Fin du siècle pour finir sur le message de révolte avec Tostaky.

Mais on sent que le rock de Noir Désir ne correspond plus avec le Bertrand Cantat d’aujourd’hui. On ne sent pas la révolte, on sent le discours, le récit. C’est un spectacle sur joué auquel on assiste sur quelques chansons du rappel. En réalité, deux caractères se sont opposés durant près de deux heures : Le calme et la mélancolie de Détroit d’un côté, la révolte de Noir Désir de l’autre. Deux époques distinctes que Cantat a cherché à regrouper pour au final donner un spectacle à deux vitesses, sans réelles coordinations.

Set List :

  • Ma Muse
  • Horizons
  • Ernestine (Reprise Noir Désir)
  • À ton étoile (Reprise Noir Désir)
  • Le creux de ta main
  • Lazy (Reprise Noir Désir)
  • Gimme Danger (Reprise Iggy Pop & the Stooges)
  • Le Fleuve (Reprise Noir Désir)
  • Lolita nie en bloc (Reprise Noir Désir)
  • Ange de désolation
  • Null and Void

Rappel :

  • Droit dans le soleil
  • Glimmer in your eyes
  • Sa majesté
  • Un jour en France (Reprise Noir Désir)
  • Fin de siècle (Reprise Noir Désir)
  • Tostaky (Reprise Noir Désir)

 

Rappel 2 :

  • Le vent nous portera (Reprise Noir Désir)
  • Comme elle vient (Reprise Noir Désir)

 

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