Interview La Fine Equipe / Nowadays Records

« La Fine Equipe et Nowadays Records, c’est notre vie ! »

Dans le cadre du Prix Deezer Adami, on a rencontré La Fine Equipe dans leur studio parisien. Le prix Adami a pour but de promouvoir de jeunes artistes de la nouvelle scène française. A la clé, 10 000€, une Deezer session et un concert au casino de Paris. Vous pouvez voter pour la fine équipe en suivant ce lien et leur permettre de remporter le Prix Du Public.

A la fois groupe, mais aussi Label (Nowadays Records), Chomsky et oOgo, deux membres de La Fine Equipe nous racontent leur parcours et nous avouent espérer beaucoup de l’année 2015.

 

Ça vient d’où La Fine Equipe ? 

oOgo : La Fine Equipe a démarré en 2004, on était un groupe de DJ scratch de Marseille comme pouvait faire Birdy Nam Nam ou C2C. On était que trois, puis on est montés à Paris pour faire une école de son, c’est là qu’on a rencontré Choomsky. On a toujours été attiré par la production, donc on a commencé l’album « la Boulangerie » (Sorti en 2008) où on a invité beaucoup de monde. La Fine Equipe c’est un collectif plus qu’un groupe, on essaye toujours d’inviter un maximum de personne. Sur la Boulangerie 3, c’est la moitié La Fine Equipe, la moitié des invités.

Pourquoi avoir appelé vos premiers albums « La Boulangerie » ? Avouez que c’était juste pour lancer des Cupcakes en concert comme on le voit dans votre clip de Papanasie !

Chomsky : La Boulangerie c’était pas mal, la « boucherie » ça aurait été un peu plus compliqué en concert. Lancer des steaks ce n’est pas l’idéal ! (rire)

oOgo : Le nom d’un groupe ça part souvent d’un délire. Mais en réalité,  l’histoire vient de l’artiste J Dilla. Son dernier album s’appelle Donuts, et faire notre « Boulangerie » nous permettait de rendre lui rendre un petit hommage. Aussi, dans le milieu, faire une boulang’ c’est faire un format particulier de morceaux très courts qui s’enchainent rapidement. Et puis bien sûr, lier la musique à la bouffe ça nous parle, car les deux font partis de nos plaisirs !

De qui vous vous inspirez pour vos Live ? 

Chomsky : On n’a pas pu s’inspirer de J Dilla parce qu’il n’a pas fait beaucoup de Live. C’était surtout un beat maker qui produisait pour des rappeurs. Notre style, c’est un style assez nouveau, il y a donc tout à créer. On était un des premiers groupes de Beat Maker en live en France. L’idée était de faire de la musique avec des machines à l’inverse de l’électro ou la techno où il y a beaucoup de DJ Set. Nous on veut jouer nos propres musiques en live.

oOgo : La plus grosse inspiration vient du Turn Tablism des groupes de DJ comme C2C ou Birdy Nam Nam. On ne s’en est pas inspiré directement, mais ça vient de là. En live c’est beaucoup de machines, de samplers…

Chomsky : Pour nos live, on utilise beaucoup de Lighters, de graphisme pour mettre en scène nos morceaux. C’est un gros travail, surtout pour notre graphiste. (rire) Mais ça donne un résultat super intéressante en live qui permet de donner une autre dimension à notre musique.

Quel est votre meilleur souvenir de live ? 

Chomsky : C’est difficile à dire mais je pense que notre live au Festival Mars Attack était l’un des plus importants dans l’histoire de La Fine Equipe. On jouait sur une petite scène, et XZibit nous a fait la surprise de venir sur scène pour profiter du son. C’est une date clé pour notre collectif, c’était le début de la tournée de La Fine Equipe et c’est à partir de là qu’on a trouvé un tourneur et que l’histoire du groupe a vraiment démarré.

Et en tant que public ? 

OOgo : J’ai un gros souvenir d’un concert à l’Elysée Montmartre, une salle qui a brûlé… J’avais vu KRS ONE. En première partie c’était Smif & Wessun et Black Moon, deux groupes de Hip Hop. Une soirée 200% Hip Hop où il y avait une énergie et une ambiance géniale. Je venais d’arriver sur Paris, donc tout était réuni pour passer une super soirée.

Chomsky : Pour moi c’était le concert de J Dilla au Nouveau Casino, juste avant de mourir, il était venu en fauteuil roulant. Et dans cette salle, il n’y a pas d’accès loge pour entrer sur la scène. Il est directement venu depuis le public qui lui avait fait un passage. C’était Moïse ! Un concert vraiment émouvant.

Vous tenez le Label Nowadays Records qui comprend des artistes comme Fakear ou encore Yann Kesz. Comment réussir à concilier le travail avec La Fine Equipe, et celui avec Nowadays Records ?

oOgo : La Fine Equipe, c’est à la fois un travail sérieux et une cours de récréation. La semaine on s’occupe de Nowadays Records, et le week end on se défoule en concert. Ca nous prend tout notre temps, on y consacre notre vie ! C’est parfois difficile, parce qu’on n’a pas de temps libre. Mais c’est un défi d’être un jeune label. On se débrouille avec peu de moyen. Il faut une grosse organisation pour réussir à faire des choses sereinement, mais ça nous permet de pour promouvoir d’autres artistes et de suivre leur carrière de A à Z.

Chomsky : L’idée du label a toujours été présente.  C’était important pour nous de pouvoir être indépendant. La Fine Equipe et Nowadays sont deux casquettes différentes, mais elles sont directement liées. On est à la fois artiste et gérant, c’est agréable de pouvoir se concerter. On a toujours la liberté d’un indépendant. En fait, c’est un joueur qui devient coach. Le point négatif, c’est que l’on fait tellement de choses indépendantes, de notre côté, que l’on peut se sentir à l’écart de l’univers des pro de la musique.

Et il vous manque ce rapport avec l’univers pro ?

oOgo : Pas forcément. Le fait d’être indépendant nous permet de rester un peu plus dans notre propre univers. Ca marginalise, mais c’est voulu aussi, on fait ça parce qu’on aime bien l’idée de faire les choses à notre façon, en créant nos codes. On est une petite famille en réalité. Et se sentir en famille ça nous rassure !

Chomsky : On a toujours été indépendant, à la base La Fine Equipe a toujours scratché ses propres sons. On voulait enregistrer nos albums … on a créé nos studios ! On voulait diffuser notre musique… on a créé un label ! On a pris des risques, mais en s’entourant des personnes de confiance, on arrive à montrer ce que l’on veut. Forcément,  ça prend beaucoup plus de temps, mais on fait ce que l’on veut. En ayant notre label, on gère notre propre jeu.

Des projets pour la suite ?

oOgo : On a des projets avec La Fine Equipe pour toujours améliorer nos live. On va sortir un EP à la rentrée assez différent de la boulangerie, et avec des featuring plus Hip Hop. Avec Nowadays Records, il y a pas mal de beaux projets de prévus. Et évidemment, l’histoire de Fakear qui est en train de prendre une dimension impressionnante. 2015 c’est l’année où le label s’implante en tant que vrai gros label !

 

La Fine Equipe est en tournée actuellement partout en France et sera notamment aux Vieilles Charrues 2015 !

Maxime Fremy.

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